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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 00:00

 

L'origine des constellations


D'aussi loin que l'on remonte le temps, on trouve des civilisations ayant cherché à comprendre le mouvement du Soleil, de la Lune, des étoiles et des planètes.


Derrière la compréhension de leur mouvement, il y avait un formidable moyen de s'orienter dans l'espace et dans le temps. Pourtant, on n'avait alors aucune idée de ce que les étoiles pouvaient bien être....

 

Les premiers astronomes ont donc d'abord essayé de s'y retrouver en imaginant des formes dans l'agencement des étoiles. On a ainsi découvert par exemple des tablettes babyloniennes datant de plus de 3000 ans mentionnant la constellation du capricorne.

carte du ciel

 

La tablette babylonienne d'argile ci-contre date d'environ 1100 av. JC et constitue l'un des plus anciens relevés astronomiques connus.

 

D'après les textes qu'on a pu retrouver, les égyptiens, vers 3500 av. JC, avaient identifié les 12 constellations du Zodiaque et en Chine, il y avait 28 maisons lunaires.

 

Au IIèmesiècle, Claude Ptolémée en avait identifié 48. Aujourd'hui le nombre de constellations est fixé à 88.

 

Grande ourse

Un exemple juste à côté avec la représentation d'une des constellations les plus célèbres de toutes : La grande Ourse.

 

 

L'observation des étoiles permettait de se repérer dans le temps


Les agriculteurs égyptiens avaient compris qu'à un certain moment de l'année, de manière systématique, l'apparition de l'étoile Sirius juste avant le lever du Soleil indiquait le début de la crue du Nil.

A Rome, le même phénomène indiquait le début des chaleurs d'été et souvent des sécheresses. Sirius appartenait (et appartient toujours d'ailleurs) à la constellation du Grand Chien "Canis Major" et cette étoile était aussi appelée "La petite chienne" ou "Canicula".

Les anciens étaient donc persuadés que cette maudite étoile était liée de très près aux sécheresses d'été !

C'est donc ainsi que nous est arrivé le mot "Canicule", utilisé encore aujourd'hui !

 

Comment fonctionne le ciel ?


Bon d'accord les étoiles sont fixes les unes par rapport aux autres. Elles se déplacent aussi pendant la nuit et chaque soir, à la même heure, on les retrouve légèrement décalées par rapport à la nuit précédente...

 

Les babyloniens avaient observé vers l'an 1000 avant JC que les étoiles revenaient à la même position au bout de 360 jours et ils inventèrent le cercle de 360° que nous utilisons encore aujourd'hui. Mais nous consacrerons dans le prochain chapitre un peu de temps à l'histoire du calendrier...

 

Les étoiles devaient donc toutes appartenir à une grande sphère qui tournait autour de la Terre : c'était l'explication la plus logique... Cependant certains points lumineux ne tournaient pas exactement en harmonie avec les étoiles. Il y en avait cinq que l'on nomma "Planètes", du latin "Planeta" qui signifie "Errant".

On comprit aussi que ces planètes n'étaient pas toutes situées sur la même sphère car elles ne se déplaçaient pas toutes à la même vitesse.

En fait, la modélisation était très simple et très logique : plus la planète est située sur une sphère proche et plus elle tourne vite. Deux d'entre elles ne s'éloignant jamais à l'opposé du Soleil, elles devaient donc se situer entre la terre et le Soleil et tourner presque à la même vitesse que lui...

 

Donc l'ordre était le suivant :

Systeme de ptolemee

La Terre

La Lune

Mercure

Venus

Le Soleil

Mars

Jupiter

Saturne

Les étoiles...

 

Cette théorie fut mise en place par Aristote et améliorée par Ptolémée dans le modèle ci-dessus (cliquez dessus pour l'agrandir).

 


Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles...

Cependant plusieurs phénomènes ne collaient pas dans cette théorie et tout le monde le savait :

  • Il y avait le mouvement rétrograde de mars qu'on ne savait expliquer.

  • Il y avait aussi le changement de luminosité de Mars qui était un mystère.

  • Enfin, si Venus et Mercure tournaient à la même vitesse que le Soleil, elles auraient dû être immobiles par rapport à lui, or ce n'était pas le cas.

 

Le casse tête du mouvement rétrograde de Mars : mouvement rétrograde de mars

Pendant un certain temps, tous les 780 jours, la planète mars bouge dans le ciel, puis fait demi-tour avant de reprendre sa marche normale. Pendant son demi-tour, sa luminosité augmente. Si Mars tourne bel et bien autour de la Terre, elle ne devrait pas faire ce mouvement bizarre...

 

Ce problème occupa les astronomes pendant près de 1400 ans ! Et pendant 1400 ans, le modèle de Ptolémée fut utilisé, adapté (avec des petits cercles en plus, des petits cercles en moins...) pour essayer tant bien que mal d'expliquer ce fichu mouvement rétrograde de Mars...

 

On inventa alors les épicycles qui étaient censés tout expliquer.

Selon cette théorie, les planètes, en plus de tourner autour de la Terre, décrivaient des petits cercles sur leur orbite :les épicycles.

 

Nous développerons les épicycles dans un prochain chapitre, mais il est important de savoir que grâce aux épicycles on expliquait pratiquement tout :

  • Sur son épicycle, Mars se rapprochait et s'éloignait de la Terre d'où son changement de luminosité.

  • Lorsque le mouvement de Mars sur son épicycle allait à l'opposé de sa vitesse de révolution, la planète reculait, expliquant ainsi le mouvement rétrograde.

  • Venus et Mercure étant toujours alignées entre le Soleil et la Terre, leurs mouvements par rapport au Soleil vus de la Terre étaient uniquement dûs à l'épicycle, d'où le fait qu'ils ne s'éloignaient jamais du Soleil. Un tel alignement Terre-Mercure-Venus-Soleil paraissait tout de même un peu tiré par les cheveux, mais c'était la seule explication possible, donc forcément la bonne.

 

En plus, la théorie des épicycles était en phase avec les concepts fondamentaux et religieux de l'époque :

- L'homme a une place privilégiée dans l'univers donc la Terre est au centre de l'univers.

- Le cercle étant une figure parfaite, expliquer l'univers créé par Dieu par des cercles était logique.

 

...et pendant ce temps les shadoks pompaient...

 

Bien évidemment, de solution simple, il n'y en avait pas car la seule explication qui tenait la route, c'était que les planètes et la Terre tournaient simplement autour du Soleil... et là, tout s'éclairait !

retrograde

Mais comment le prouver ?


Il faudrait trouver un phénomène, que le géocentrisme ne pourrait expliquer (même en ajoutant des nouveaux épicycles), et qui bien entendu serait tout naturellement expliqué par l'héliocentrisme ?

 

L'astronomie était sur le point de franchir un nouveau pas...

Mais ça, c'est une autre histoire !

 

 

 

La conclusion de cette première partie, c'est que pour comprendre le fonctionnement du système solaire et de l'univers, il fallait déjà avoir une idée de ce qui les compose, la taille des objets, des étoiles, des planètes, du Soleil et l'explication de leurs mouvements à commencer par la plus proche de nous... La Terre !!!

C'est ce que nous allons voir dans les prochaines parties en refaisant une à une les démonstrations et les observations de l'époque qui ont permis de comprendre l'univers.

 Nous allons donc oublier tout ce que nous savons et nous mettre dans la peau d'un astronome d'il y a 2500 ans qui ne savait rien et voulait répondre à toutes ces questions :  

- Quelle est la Taille de la Terre ?

- Quelle est la masse de la Terre ?

- Quelle est la Taille de la Lune ?

- Quelle est la masse de la Lune ?

- Quelle est la distance Terre - Lune ?

- Quelle est la Distance du Soleil ?

- Quelle est la Taille du Soleil ?

- Quelle est la masse du Soleil ?

- Quelle est la taille de Mercure ?

- Quelle est la distance Soleil - Mercure ?

- Quelle est la masse de Mercure ?

- Quelle est la taille de Venus ?

- Quelle est la distance Soleil - Venus ?

- Quelle est la masse de Venus ?

- Quelle est la taille de Mars ?

- Quelle est la distance Soleil - Mars ?

- Quelle est la masse de Mars ?

- Quelle est la taille de Jupiter ?

- Quelle est la distance Soleil - Jupiter ?

- Quelle est la masse de Jupiter ?

- Quelle est la taille de Saturne ?

- Quelle est la distance Soleil - Saturne ?

- Quelle est la masse de Saturne ?

- A quelle distance sont les étoiles ?

- Quelle est la taille des étoiles ?

- De quoi sont faites les étoiles ?

- Qu'est-ce que la voie Lactée ?

- Quelle est la taille de la Voie Lactée ?

- Quelle est la taille de l'univers ?

 

Au fur et à mesure des chapitres, nous serons capables de répondre à ces questions, de manière plus ou moins fiable.

Nous reprendrons donc après chacun des chapitres la liste de ces questions avec les réponses que nous aurons su y apporter.

 

Avant de commencer notre voyage nous allons revoir une histoire bien compliquée de quelque chose de très simple en apparence car nous le côtoyons et le manipulons tous les jours, mais qui pourtant a demandé des centaines d'années de réglage grâce à l'observation des phénomènes qui nous entourent... Son aboutissement est lié à notre connaissance de l'astronomie...

 

Vous avez deviné ? Il s'agit du calendrier, bien sûr !

Nous aborderons ce chapitre en premier, car le temps a toujours fasciné nos ancêtres et vous verrez bien vite que sans une bonne notion du temps, il est absolument impossible de calculer les distances des objets de l'univers.

 

Les débuts de l'astronomie : Le calendrier

 



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Published by astronomie-smartsmur - dans 2 - Les débuts de l'astronomie
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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 00:00

Comme Robinson Crusoé marquait d'un trait chacun des jours passés sur son île, nos ancêtres, qu'ils soient agriculteurs ou astronomes, ont essayé de quantifier le temps qui passe, et d'identifier les phénomènes cycliques...

 

Bon... le soleil se lève et se couche, c'est évident et il n'y a pas besoin d'être un astronome averti pour l'observer...

La Lune change de forme et devient toute ronde régulièrement au bout d'à peu près 30 couchers de Soleil...

Et comme nous l'avons vu précédemment, les étoiles reviennent au même endroit au bout d'à peu près 360 couchers de Soleil et d'à peu près 12 cycles de Lune...

 

Comme les babyloniens comptaient en base 12 (ils se servaient parait-il du pouce pour compter les phalanges des quatre autres doigts), que 30 est multiple de 6 (la moitié de 12) , et que 360 est un multiple de 12, tout paraissait donc logique et notre environnement réglé par le chiffre 12. Basé sur ce principe, ils ont donc divisé le jour en 12 heures, et la nuit en 12 heures.

Le multiple de 12 le plus pratique est sans aucun doute le chiffre 60 : il est divisible par 2, 3, 4 et 5 !

Ils ont donc subdivisé les heures en 60 minutes et les minutes en 60 secondes.

 

Autant le découpage de la journée était facile, autant celui de l'année était un peu plus compliqué.

En effet, bien souvent, on essayait de diviser l'année (qui est une notion Solaire puisque c'est le temps que met la Terre pour en faire le tour) en mois Lunaires (qui est une notion Lunaire puisque c'est le temps que met la Lune à se retrouver dans la même position dans le ciel à la même heure (nous verrons que ce n'est pas exactement le temps que met la Lune à faire le tour de la Terre))... Et bien évidemment, ça ne collait pas !

 

Mais revenons à nos moutons :

 


  LE CALENDRIER ROMAIN


 

L'origine de notre calendrier est le calendrier Romain, créé par Romulus vers 750 Avant JC, d'après la légende.

Ce calendrier était un calendrier Lunaire issu des calendriers grecs et étrusques... On n'en sait pas vraiment beaucoup sur lui et les informations sont assez floues... Elles ont été déduites bien souvent de bouts de phrases sur des papyrus retrouvés et du coup les interprétations peuvent parfois diverger.

 

On sait qu'il contenait dix mois de 30 et de 31 jours, ce qui nous faisait un total de 304 jours.

Son début coïncidait à peu de choses près avec l'équinoxe de printemps.

Le nom des cinq premiers mois étaient dédiés à des dieux et les autres à leur numéro, ce qui nous donnait :

 

- Martius (31 jours), dédié à Mars, Dieu de la guerre et de l'agriculture.

- Aprilis (30 jours), dédié à Aphrodite, Déesse des plaisirs et de la beauté.

- Maius (31 jours), dédié à Maïa, Déesse de la croissance.

- Junius (30 jours), dédié à Junon, Reine des Dieux et du ciel.

- Quintilis (31 jours)

- Sextilis (30 jours)

- September (30 jours)

- October (31 jours)

- November (30 jours)

- December (30 jours).

 

Une fois tous ces mois écoulés avec leurs 304 jours on ajoutait des jours (environ 61) jusqu'à l'arrivée du nouvel équinoxe de printemps et ainsi de suite...

 

Ce n'était quand même pas très pratique !

 

Le successeur de Romulus, Numa Pompillus, décida donc de réformer ce calendrier vers 713 Avant JC, en ajoutant deux nouveaux mois (janvier et février) à la fin pour y coller ces jours en trop.

Il voulait par-là avoir une année avec le nombre maximal de lunaisons. On savait à l'époque qu'une lunaison durait environ 29,5 jours. Ce nombre de jours que cherchait Pompillus était donc de 29,5 x 12 =  354 jours, mais les nombres pairs portant malheur, c'est 355 qui fut choisi !... Ils sont fous ces Romain...

 

Pour combler le trou entre les 304 jours actuels et l'objectif des 355 jours, il lui manquait donc 51 jours à ajouter sur ces deux nouveaux mois... mais il ne pouvait pas définir deux mois de 25 jours, c'était trop peu !!

Il décida donc de récupérer des jours en faisant passer les 6 mois de 30 jours à 29 jours pour récupérer 6 jours, ce qui lui faisait donc 57 jours à partager en deux sur les deux nouveaux mois : 28 jours pour le mois de Février (dédié à Februa, Dieu de la mort et de la purification) et 29 jours pour Janvier (dédié à Janus, Dieu gardien des passages). A part le mois de février, tous les mois avaient alors un nombre de jours impairs : c'était quand même plus confortable !

On peut remarquer qu'à cette époque, Janvier et Février étaient inversés et placés en fin d'année.

 

La nouvelle répartition des mois était donc :

- Martius (31 jours)

- Aprilis (29 jours) diminué d'1 jour

- Maius (31 jours)

- Junius (29 jours) diminué d'1 jour

- Quintilis (31 jours)

- Sextilis (29 jours) diminué d'1 jour

- September (29 jours) diminué d'1 jour

- October (31 jours)

- November (29 jours) diminué d'1 jour

- December (29 jours) diminué d'1 jour

- Februarius (28 jours)

- Januarius (29 jours)

 

Une fois ces mois terminés, il restait donc encore quelques jours pour finir l'année et passer des 355 jours aux 365 jours de l'année. 

Il fut donc décidé, d'ajouter un mois intercalaire de 22 ou 23 jours tous les 2 ans, et puis de temps en temps on rajoutait des jours supplémentaires pour rattraper un éventuel décalage (encore fallait-il y penser...).

 

C'était moins compliqué, mais encore pas hyper, hyper simple !!! Et puis surtout, c'était un peu brouillon...

 

Ce calendrier dura jusqu'en 450 Avant JC.

Pour une raison assez obscure, Février et Janvier furent inversés, et le mois intercalaire (appelé Mercedonius) ramené à 22 jours et placé tous les 2 ans entre le 23 et 24 février.

 

La nouvelle répartition était alors :

- Martius (31 jours)

- Aprilis (29 jours)

- Maius (31 jours)

- Junius (29 jours)

- Quintilis (31 jours)

- Sextilis (29 jours)

- September (29 jours)

- October (31 jours)

- November (29 jours)

- December (29 jours)

- Januarius (29 jours)

- Februarius (28 jours)

- Mercedonius (ou mois intercalaire) (22 jours tous les 2 ans entre le 23 et 24 février)

 

Bon... là, on peut se demander le réel intérêt de cette réforme qui n'apportait pas vraiment de simplicité !!!

En plus, il fallait toujours rattraper le tir de temps en temps en rajoutant des jours par ci par là...

 

Vers 200 avant JC, janvier et février furent placés en début d'année (pour une coller avec le calendrier religieux Romain) et le calendrier devint :

Roman-calendar

C'est donc pour cette raison qu'aujourd'hui il y a un décalage entre le nom des mois et leur position :

 

Septembre est le neuvième mois de l'année alors que son nom indique que c'est le septième.

Octobre est le dixième mois de l'année alors que son nom indique que c'est le huitième.

Novembre est le onzième mois de l'année alors que son nom indique que c'est le neuvième.

Décembre est le douzième mois de l'année alors que son nom indique que c'est le dixième.

 

Et ce qui devait arriver arriva :

 

Certaines années, le mois intercalaire (qui était fixé par celui qu'on appelait Pontifex Maximus ou le grand pontife) fut oublié et un décalage de plus en plus important s'installa !

 

 


LE CALENDRIER JULIEN


 

En 46 Avant JC, un certain Jules César, qui était alors Pontifex Maximus décida de supprimer une fois pour toutes ce mois intercalaire qui posait tant de problèmes ! Merci Jules !

Il créa alors le calendrier Julien qui, vous allez voir, était moins compliqué, et surtout, commençait vraiment à ressembler à celui que nous connaissons.

 

Il se fit aider d'astronomes et commença d'abord par rajouter 90 jours à l'année -46 pour supprimer le décalage qui avait grossi petit à petit. Cette année-là fut très longue puisqu'elle compta 445 jours !

 

Comme César supprima le mois intercalaire de 22 jours tous les 2 ans (soit 11 jours par an), il ajouta 10 jours sur les mois qui comportaient le moins de jours de manière à obtenir une alternance de mois de 30 et 31 jours pour obtenir le calendrier suivant :

 

- Januarius (31 jours) gonflé de 2 jours

- Februarius (29 jours) gonflé d'1 jour

- Martius (31 jours)

- Aprilis (30 jours) gonflé d'1 jour

- Maius (31 jours)

- Junius (30 jours) gonflé d'1 jour

- Quintilis (31 jours)

- Sextilis (30 jours) gonflé d'1 jour

- September (31 jours) gonflé de 2 jours

- October (30 jours) Diminué d'un jour

- November (31 jours) gonflé de 2 jours

- December (30 jours) gonflé d'1 jour

 

Ce qui nous faisait 365 jours.

 

César sachant que la durée de l'année était de 365,25 jours, il décida donc d'ajouter un jour au mois de février tous les 4 ans. 

Et au lieu de rajouter un 30ème jour à Février, il préféra doubler le 24 février (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?) et vous verrez dans quelques lignes que cela a une incidence sur notre vocabulaire d'aujourd'hui...

 

Après la mort de César un an plus tard (en 44 Avant JC), Marc Antoine décida de changer le nom du mois de naissance de César (Quintilis) en Julius en hommage à Jules.

 

Le successeur de César était son fils August et le Sénat, en 8 Avant JC, pour l'honorer (il avait permis de rattraper un nouveau décalage après la mort de César suite à des oubli successifs de doubler le 24 février) fit changer le nom du mois Sextilis en Augustus... La légende veut (mais certaines interprétations divergent) que Sextilis (donc Augustus) contenant un jour de moins que Julius, il était impensable qu'on honora Auguste un jour de moins que Jules César !!

Pour rétablir un équilibre, on ajouta donc un jour au mois d'Augustus que l'on prit au mois de février (qui passa donc à 28 jours). Mais cela créait un problème ! Car maintenant, on avait 3 mois de suite à 31 jours : Julius, Augustus et September ...

Il fut donc décidé d'inverser les nombres de jours des 4 derniers mois de l'année pour rétablir un équilibre.

 

Le calendrier fut alors :

- Januarius (31 jours)  

- Februarius (28 jours) diminué d'1 jour

- Martius (31 jours)

- Aprilis (30 jours)  

- Maius (31 jours)

- Junius (30 jours) 

- Julius (31 jours)

- Augustus (31 jours) gonflé d'1 jour

- September (30 jours) diminué d'1 jour 

- October (31 jours) gonflé d'1 jour

- November (30 jours) diminué d'1 jour

- December (31 jours) gonflé d'1 jour

 

Le 24 février fut toujours doublé tous les 4 ans pour obtenir une année moyenne de 365,25 jours.

 

Les Romains ne comptaient pas les jours de 1 à 29, 30 ou 31 comme nous le faisons aujourd'hui, mais comptaient les jours qui les séparaient du changement suivant.

 

Ainsi, les derniers jours de février s'appelaient :

 

28 février : Pridie Kalendas Martias (veille de mars)

27 février : Ante diem tertium Kalendas Martias (3 jours avant les calendes de Mars)...

 

!!!!!!STOP !!!!!! Deux explications s'imposent :

 

  • Tout d'abord, le terme Kalendas (Calendes) signifie le premier jour du mois.
  • Ensuite, l'avant-veille ne se dit pas 2 jours avant, mais 3 jours avant. Probablement qu'ils comptaient le jour de départ et le jour d'arrivée dans leur comptage... C'est ce qu'on fait encore aujourd'hui sans le savoir quand on dit "Dans huit jours" pour dire "dans une semaine" alors qu'on sait que la semaine comporte 7 jours !!!

 

Bon... continuons notre décompte...

 

26 février : Ante diem quartum Kalendas Martias (4 jours avant les calendes de Mars)

25 février : Ante diem quintum Kalendas Martias (5 jours avant les calendes de Mars)

24 février : Ante diem sextum Kalendas Martias (6 jours avant les calendes de Mars)

 

Tous les 4 ans, on doublait le 24 du mois, en introduisant un jour 24 bis qui s'appelait donc :

24 février bis : Ante diem bis sextum Kalendas Martias.

 

Ce terme bis sextum est à l'origine du terme français Bissextile.

Le terme "Année bissextile" vient donc du fait que c'était l'année ou le 6ème jour avant le début mars était doublé.

 

 


LE CALENDRIER GREGORIEN


 

Alors qu'on pensait le problème résolu pour un bout de temps (ce qui fut le cas, soyons honnêtes car le calendrier Julien dura quand même près de 1500 ans), on avait ignoré un petit détail :

Comme nous l'avons vu, la durée moyenne de ce calendrier était de 365,25 jours. Or la véritable année (qu'on appelle année tropique) vaut en réalité 365,2422 jours. L'écart entre les deux est infime, me direz-vous, puis qu'il est de 0,0078 jours par an, soit 11 minutes et 12 secondes...

 

Année après année ces 11 minutes s'ajoutèrent, lentement, mais sûrement, si bien qu'après 10 ans, ce décalage était de 111 minutes, soit 1h 40mn, mais c'était imperceptible...

Au bout de 150 ans, le décalage atteignait 1 journée, mais personne ne s'en rendait vraiment compte...

Au bout de 300 ans, il atteignait 2 journées...

etc...

Pendant plus de 1000 ans, les tentatives pour rectifier le tir furent toutes abandonnées, si bien qu'après 1500 ans, l'écart était de 10 jours et l'équinoxe de printemps tombait le 11 mars au lieu de tomber le 21 mars...

 

Un petit détail d'importance tout de même : La date de Pâques était calculée en fonction de cet équinoxe (Pâques est le premier dimanche qui suit la première pleine lune suivant l'équinoxe de printemps) et elle dérivait aussi. Les Catholiques s'en mêlèrent, et c'est Grégoire XIII qui prit les choses en main en 1582 pour éviter qu'un jour on fête Paques à Noël.

 

Grâce aux travaux de Nicolas Copernic qui avait calculé la durée de l'année tropique à 365,2425 jours, il put rédiger une bulle le 24 février 1582 : la Bulle Inter Gravissima. Il y décrivait la nouvelle réforme du calendrier qui allait donner le jour au calendrier Grégorien.

 

Cette bulle contenait deux étapes principales dans l'élaboration du nouveau calendrier :

 

 

  • Le rattrapage des 10 jours de décalage.
  • La modification du calendrier pour qu'un tel décalage ne se produise plus. 

 

 

La première étape fut vite réglée et le 04 Octobre 1582 fut suivi du 15 Octobre 1582. Allez Hop ! Point suivant s'il vous plaît !

 

Pour la deuxième étape, nous allons revenir sur le détail des années bissextiles :

Pour compenser la différence entre l'année calendaire et l'année tropique, les règles de bases (et intuitives sont les suivantes) :

 

Pour compenser un décalage de 0,1 jour, il suffit d'ajouter ou d'enlever une journée tous les 10 ans

Pour compenser un décalage de 0,2 jours, il suffit d'ajouter ou d'enlever une journée tous les 5 ans

Pour compenser un décalage de 0,25 jour, il suffit d'ajouter ou d'enlever une journée tous les 4 ans etc...

 

Logiquement, cela fonctionne de la même manière pour les puissances de dix différentes :

Ainsi par exemple, pour compenser un décalage de 0,01 jour, il suffit d'ajouter ou d'enlever une journée tous les 100 ans

 

Maintenant que nous connaissons le principe, y'a plus qu'à, comme dirait l'autre...

 

Comment corriger le calendrier Romain ?

La différence entre 325 jours et 325,25 est de 0,25 jours.

C'est donc pour cela que Jules César décida d'ajouter une journée tous les 4 ans (les années bissextiles).

 

La différence entre 325 jours et 325,2425 est de 0,2425 jour et 0,2425 = 0,25 - 0,01 + 0,0025

 

Donc si on reprend la règle du dessus :

+0,25 jour => On ajoute un jour tous les 4 ans

-0,01 jour => On enlève un jour tous les 100 ans

+0,0025 jour => On ajoute un jour tous les 400 ans

 

Comme 100 est un multiple de 4 et que 400 est multiple de 4 et de 100, la règle était toute trouvée :

 

- Les années multiples de 4 seront bissextiles.

- Les années multiples de 100 (bien qu'étant multiple de 4) ne seront pas bissextiles. En fait, comme multiples de 4, on leur ajoute une journée, mais comme multiple de 100, on leur enlève une journée. Les deux actions s'annulent et au final, l'année n'est pas bissextile.

- Les années multiples de 400 (bien qu'étant multiple de 100) seront bissextiles. Avec le même raisonnement, comme multiples de 4, on leur ajoute une journée, comme multiples de 100, on leur enlève une journée, et comme multiples de 400, on leur ajoute une journée. Les trois actions nous donnent donc +1-1+1=+1. Donc cette année est augmentée d'une journée et est donc bissextile.

 

 


LE CALENDRIER GREGORIEN A-T-IL AUSSI UNE LIMITE ?


 Comme on sait que la vraie durée de l'année tropique n'est pas de 365,2425 jours comme l'avait calculé Copernic, mais de 365,2422 jours, ce calendrier génère tout de même un décalage de 26 secondes par année, soit un décalage d'un jour tous les 3333 ans (donc on est relativement tranquille à notre échelle)...

 

A vous de jouer :

Sur un cahier propre, et si vous voulez un jour avoir un calendrier portant votre nom, essayez de calculer comment on pourrait faire pour avoir une année calendaire de 365,2422 jours...

 

Réponse :

365,2422 = 365 + 0,25 - 0,01 + 0,0025 - 0,00025 - 0,00005

 

Donc si on reprend la règle du dessus :

+0,25 jour => On ajoute un jour tous les 4 ans

-0,01jour => On enlève un jour tous les 100 ans

+0,0025 jour => On ajoute un jour tous les 400 ans

-0,00025 jours => On enlève un jour tous les 4000 ans (Les années multiples de 4000, bien qu'étant multiples de 400 ne seront pas bissextiles)

-0,00005 => On enlève un jour tous les 20000 ans (les années multiples de 20000, quisont aussi multiples de 4000 auront donc un jour de moins : elles auront un mois de février de 27 jours)

 

Qu'est-ce qu'on s'amuse, hein ?

Le souci (car il y a toujours un souci), c'est que l'année tropique diminue très, très légèrement de l'ordre de 0,5 seconde par siècle actuellement de telle sorte qu'on ne sait pas trop si les nouvelles règles que nous avons inventées seront toujours d'actualité en l'an 4000, 8000, 12000, 16000 et surtout 20000 !!!!

 

Et le calendrier Julien dans tout ça ? Existe-t-il toujours ?

Eh bien, sachez que ce fameux calendrier Grégorien ayant été créé par un pape Catholique, certaines autres religions ont toujours refusé d'appliquer ce calendrier.

Depuis l'année 1582, le décalage entre les deux calendriers s'est encore accru de 3 jours pour arriver à 13 jours aujourd'hui.

 

Explication de ces 13 jours de décalage :Depuis la Bulle du Pape Grégoire XIII, il y eut 

 

  • L'année 1600 qui est multiple de 4 et donc est bissextile dans le calendrier Julien. Par contre, bien que multiple de 100, elle est aussi bissextile dans le calendrier Grégorien car elle est aussi multiple de 400 ! Cette année ne créa donc pas de décalage.
  • L'année 1700 qui est multiple de 4 est donc bissextile dans le calendrier Julien. Par contre, étant multiple de 100 et non multiple de 400, elle n'est pas bissextile dans le calendrier Grégorien. Cette année augmenta donc d'un jour la différence qui passa alors à 11 jours !
  • Les années 1800 et 1900 qui, comme pour l'année 1700 augmentèrent chacune le décalage d'un jour qui passa ainsi à 13 jours.
  • L'année 2000 qui, comme l'année 1600, était multiple de 400 et fut bissextile dans les deux calendriers n'augmenta pas la différence.

 

Cette différence passera à 14 jours dès l'année 2100 qui ne sera pas bissextile dans le calendrier Grégorien et bissextile dans le calendrier Julien.

 

C'est ce décalage de 13 jours qui explique par exemple que le Noël Catholique est fêté le 25 décembre alors que le Noël Orthodoxe l'est le 07 janvier (25 décembre + 13 jours) car le calendrier religieux des Orthodoxes est resté basé sur le calendrier Julien.

 

Bon... je pense que nous avons suffisamment étudié les calendriers pour ne plus en parler pendant des années !!!

 

Tout cela pour vous dire que l'étude de la durée de la journée, la durée de l'année fut très importante il y a très longtemps car elle permit de créer et d'affiner les calendriers et surtout d'apprendre à observer les étoiles, le Soleil et tout ce qui nous entoure, car vous allez le voir très bientôt, sans une bonne connaissance des mouvements de rotation (la journée) et de révolution (l'année) de la Terre et des planètes, il était impossible de calculer leur distance et donc de connaître l'univers qui nous entoure. 

 

Après avoir vu comment siècle après siècle nous avons appris à connaître et à mesurer le temps, nous allons maintenant voir comment les astronomes de l'antiquité à aujourd'hui ont appris, petit à petit à mesurer les distances du monde qui nous entoure, et vous n'allez pas être au bout de vos surprises !

 

Le calcul des distances dans l'antiquité : Chronolgie

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Published by astronomie-smartsmur - dans 2 - Les débuts de l'astronomie
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